Depuis une quinzaine d’années, le triathlon est de plus en plus populaire et suscite un intérêt croissant chez les amateurs comme chez les professionnels.
Le calendrier des triathlètes professionnels ne cesse donc de s’allonger et de se complexifier face à la multiplication des courses et à l’apparition de nouveaux circuits.
Avec une saison qui débute parfois dès février pour s’achever en novembre, planifier sa saison est devenu un véritable art stratégique.
Dans cet édito, on analyse les grandes tendances chez les pros !
Elle s'appuie sur l'ensemble des performances des triathlètes professionnel(le)s, enregistrées entre 2009 et 2024, sur les courses internationales suivantes : Championnats du monde, World Triathlon Championship Series (WTCS), Jeux du Commonwealth, Jeux Olympiques et Test Event.
→ L'étude complète est à retrouver sur ce lien.
Un nombre de courses de plus en plus important
Entre les World Triathlon Championship Series (WTCS), les World Cups, les épreuves nationales (comme le Grand Prix en France) ou encore les formats longue distance type Ironman 70.3 et les circuits privés comme Supertri, les athlètes ont aujourd’hui l’embarras du choix… ou plutôt, le casse-tête du triathlon…
D’après les données collectées sur les circuits WTCS et World Cups entre 2009 et 2023, le nombre moyen de courses par saison a explosé. En 2009, on comptait 7 courses WTCS et 3 World Cups par saison. Ce chiffre atteint 8 WTCS et 13 World Cups en 2019.
En parallèle, les meilleurs athlètes disputaient environ 6 courses par an en 2009, contre 10 courses en moyenne en 2019 et 2023. Donc, le volume de compétition moyen par athlète dans une saison a quasiment doublé !
Et il ne s’agit là que des épreuves World Triathlon, ce qui ne prend pas en compte les Ironman 70.3, les épreuves nationales ou les nouvelles séries privées.
Un calendrier de courses de plus en plus chargé pour les athlètes
Le calendrier s’est densifié… mais aussi allongé. En 2009, la saison WTCS s’étalait sur 127 jours, soit un peu plus de 4 mois. En 2023, cette durée atteignait près de 200 jours (plus de 6 mois et demi), avec un démarrage dès début mars à Abu Dhabi et une finale fin septembre à Pontevedra.
Pour les World Cups, la tendance est encore plus marquée : la saison 2018, par exemple, a duré 9 mois complets, entre février et novembre. En 2023, 14 épreuves étaient programmées sur une durée de 7,5 mois.
En conséquence directe pour les athlètes, leur durée de saison suit cette courbe. Entre 2009 et 2023, la saison moyenne d’un top 50 mondial est passée de 130 à 200 jours. Les temps de repos, de préparation et de coupure doivent donc être finement placés dans ce puzzle.
L'émergence de nouveaux circuits attractifs (SuperTri, T100...)
Comme si le calendrier World Triathlon ne suffisait pas, de nouveaux circuits ont émergé, modifiant l’équilibre des priorités pour les athlètes :
- Supertri (ex-Super League Triathlon) propose des formats ultra courts et spectaculaires, souvent en indoor ou dans des lieux urbains très médiatisés. Un format idéal pour la visibilité des athlètes et pour attirer de nouveaux sponsors.
- Le circuit T100 (nouveau nom du PTO Tour) offre des épreuves longue distance (100 km au total) avec des prize money attractifs, une production audiovisuelle haut de gamme et une volonté assumée de professionnaliser le triathlon comme un sport spectacle.
- Sans oublier les grands classiques comme le circuit IRONMAN®, qui attire aussi bien les spécialistes que les stars de la distance olympique.
De plus en plus d’athlètes construisent donc leur saison autour de plusieurs formats et plusieurs circuits. Certains combinent WTCS et Supertri, d’autres enchaînent World Cups et 70.3, en fonction de leurs objectifs sportifs, financiers ou olympiques.
L’organisation d’une saison d’un triathlète professionnel est aujourd’hui un gros défi qui mélange stratégie, récupération et optimisation.
Et à cela s’ajoute un facteur non négligeable : la logistique. Avec des saisons qui peuvent commencer en Nouvelle-Zélande, faire escale en Europe et se conclure en Amérique du Sud ou en Asie, le challenge est conséquent.
Pour aller plus loin sur le sujet...
L’ensemble des données issues de l’étude nous ont permis de réaliser une série d’articles mensuels sur différents facteurs de performance sur les courses élites de triathlon.
Voici les sujets que nous avons abordés :
- Quelle proportion pour chaque discipline sur le temps total d’un triathlon ?
- Sexe et format de course : quel impact sur la vitesse de course en triathlon ?
- La combinaison néoprène, un réel avantage pour les triathlètes « mauvais » nageurs ?
- Évolution du niveau en triathlon : performances en hausse et densité accrue de triathlètes
- Quelle est la meilleure stratégie de course en triathlon ?
- Quel est l’impact des températures sur les performances en triathlon ?
- Quel est l’âge propice pour performer au plus haut niveau international ?
- L’indice de masse corporelle chez les triathlètes, un indicateur pertinent ?


