Les conditions climatiques, notamment la température de l’eau et de l’air, jouent un rôle crucial dans la performance des athlètes en triathlon.
Dans cet édito, nous allons analyser l’impact de ces températures sur les temps en natation et en course à pied des triathlètes professionnel(le)s. Nous verrons aussi quelles stratégies peuvent être mises en place pour limiter l’impact de la chaleur sur les performances en triathlon.
C’est parti !
Elle s'appuie sur l'ensemble des performances des triathlètes professionnel(le)s, enregistrées entre 2009 et 2024, sur les courses internationales suivantes : Championnats du monde, World Triathlon Championship Series (WTCS), Jeux du Commonwealth, Jeux Olympiques et Test Event.
→ L'étude complète est à retrouver sur ce lien.
L'impact de la température de l'eau sur les temps en natation
Les triathlètes nagent-ils plus vite lorsque la température de l’eau est plus chaude ? C’est la question que nous nous sommes posés et que le graphique ci-dessous tente d’élucider.
Que ce soit sur format sprint ou olympique, les performances en natation apparaissent toujours supérieures lorsque la température de l’eau est inférieure à 20 °C.
En effet, en dessous de cette limite, la combinaison néoprène est autorisée, ce qui confère un avantage majeur aux triathlètes. En améliorant l’hydrodynamisme et la flottabilité, l’utilisation de la combinaison néoprène apporte donc un avantage non négligeable aux triathlètes.
C’est également ce qu’a montré l’étude scientifique menée par Gay et al. (2021), qui conclut que la température optimale pour performer lors des compétitions en eau libre est située entre 18 et 20 °C.
Il faut toutefois considérer que, en fonction du programme de course, la température réelle ressentie pendant l’épreuve peut être inférieure ou supérieure à celle annoncée.
En effet, la température de l’eau doit être mesurée environ une heure avant le début de l’événement le jour de la compétition. Celle-ci doit être relevée en 3 points : au milieu du parcours et à deux autres endroits aléatoires, à une profondeur de 60 cm.
L'impact de la température de l'air sur les temps en course à pied
En ce qui concerne les performances en course à pied, ce second graphique montre une tendance tout à fait cohérente : Des températures plus élevées sont associées à des allures de course plus lentes.
Attention, car ici également, la température déterminée par l’organisateur de la course est à prendre avec des pincettes. Celle-ci est mesurée avant la course, ce qui peut entraîner une augmentation significative de la température réelle au moment où les athlètes commencent la course à pied.
Par exemple, la température de l’air pour la course masculine aux Jeux Olympiques de Paris 2024 (départ à 10h45) était annoncée à 23,9°C, alors qu’elle était plus proche de 28°C au moment réel de la partie course à pied.
L’humidité joue aussi un facteur clé, comme aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Elle pourrait même influencer davantage la performance en course à pied que la température en elle-même.
Bien qu’il soit aujourd’hui impossible de déterminer avec certitude une température « optimale », cela souligne l’importance de l’hydratation et des stratégies d’acclimatation et de refroidissement.
Quelles stratégies pour limiter l'impact de la chaleur en triathlon ?
Pour limiter l’impact de la chaleur en triathlon, plusieurs stratégies peuvent être mises en place avant, pendant et après la course.
En amont, il est recommandé d’effectuer une acclimatation progressive, en s’entraînant dans des conditions chaudes plusieurs semaines avant l’épreuve. Cela permet d’améliorer la tolérance à la chaleur.
Également, une hydratation optimale est à privilégier. Un refroidissement du corps avec des douches froides ou des vêtements refroidissants peut aussi être mis en place avant le départ pour abaisser la température corporelle.
Pendant la course, il est conseillé de porter des vêtements légers et respirants pour favoriser l’évaporation de la sueur. Adopter une tenue de couleur blanche permet aussi de diminuer la captation des UV, et donc de préserver votre température corporelle.
Que ce soit à vélo ou en course à pied, s’hydrater régulièrement et utiliser des boissons riches en électrolytes est primordial pour limiter la baisse de performance. En cas de fortes chaleurs, un refroidissement actif en mouillant la tête, le cou et les poignets avec de l’eau froide aux ravitaillements est une stratégie intéressante.
Ces dernières années, on voit par ailleurs une forte utilisation d’accessoires refroidissant comme des casquettes mouillées, des bandeaux rafraîchissants ou des gilets de refroidissement.
Après la course, pour favoriser une récupération rapide, plusieurs bons réflexes sont à adopter. Consommer une boisson riche en électrolytes permet de reconstituer les pertes hydriques et minérales. Une alimentation adaptée avec une consommation d’aliments riches en sodium et en potassium permettra aussi de rééquilibrer l’organisme.
Pour aller plus loin sur le sujet...
L’ensemble des données issues de l’étude nous ont permis de réaliser une série d’articles mensuels sur différents facteurs de performance sur les courses élites de triathlon.
Voici les sujets que nous avons abordés :
- Quelle proportion pour chaque discipline sur le temps total d’un triathlon ?
- Sexe et format de course : quel impact sur la vitesse de course en triathlon ?
- La combinaison néoprène, un réel avantage pour les triathlètes « mauvais » nageurs ?
- Évolution du niveau en triathlon : performances en hausse et densité accrue de triathlètes
- Quelle est la meilleure stratégie de course en triathlon ?
- Comment les triathlètes professionel(le)s organisent leur saison ?
- Quel est l’âge propice pour performer au plus haut niveau international ?
- L’indice de masse corporelle chez les triathlètes, un indicateur pertinent ?


