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Des prolongateurs… qu’est-ce que c’est ? À quoi ça sert ? À quel prix ? Est-ce vraiment utile en triathlon ? On t’explique tout dans les moindres détails pour que tu puisses foncer la tête baissée !
À vitesse égale, des prolongateurs bien réglés permettent d’économiser plusieurs dizaines de watts, soit plusieurs minutes gagnées sur un format L ou un Ironman, sans ajouter une heure d’entraînement. Mais il y a une condition : une position irréprochable, en confort comme en aérodynamisme. Voici tout ce qu’il faut savoir pour choisir tes prolongateurs et les régler de façon à ce que le gain soit réel.
Tout savoir sur les prolongateurs de vélo
Les prolongateurs, qu'est-ce que c'est ?
Les prolongateurs sont des « barres », appelées extensions, qui s’installent sur le cintre du vélo. Elles sont associées à deux repose-bras rembourrés de mousse pour favoriser le confort.
Fabriqués dans différents matériaux (aluminium, carbone, titane…), ils existent en différentes formes et différentes tailles. On les trouve d’origine sur les vélos de contre-la-montre, mais on peut aussi les ajouter à un vélo de route. Selon le modèle choisi, tu peux ajuster ton poste de pilotage à ta guise : hauteur des prolongateurs, espacement, angle des barres et des repose-bras…
Les avantages apportés par les prolongateurs
Avec un bon réglage et une bonne position, les prolongateurs te rendent nettement plus aérodynamique. En position allongée, tu réduis ta surface frontale et tu améliores ton coefficient de pénétration dans l’air : tu fends l’air au lieu de le prendre de plein fouet. Selon ta position, le gain peut être spectaculaire : plusieurs dizaines de watts économisés à vitesse égale ou, à puissance donnée, un gain de vitesse qui peut aller parfois jusqu’à 5 km/h. En d’autres termes, à puissance égale, tu iras plus vite sur prolongateurs que dans une position de route classique.
Sur un format L ou un Ironman, cela représente plusieurs minutes gagnées, sans ajouter une heure d’entraînement pour grappiller quelques points de FTP. C’est l’un des gains les plus rentables du triathlon.
Attention cependant : même si les prolongateurs peuvent décupler ta performance, la position reste exigeante et n’engage pas les mêmes chaînes musculaires qu’une position classique sur vélo de route. Une étude posturale est donc essentielle pour trouver le meilleur compromis entre confort et performance. C’est un détail non négligeable, surtout sur un effort long, où il faut réussir à détendre ses muscles pour tenir dans la durée et assurer une course à pied efficace ensuite.
Le piège des prolongateurs mal reglés
En coaching, le scénario revient souvent. Un athlète achète des prolongateurs pour aller plus vite, roule dessus 20 minutes, puis doit se relever : mal au cou, mal aux épaules, difficultés à respirer. Résultat, il ne s’en sert plus, et le gain espéré n’a jamais été touché.
La différence se joue sur le choix du matériel, mais surtout sur la position qu’il permet de tenir.
Ce n’est pas la pièce qui est aérodynamique, c’est ta position
Ce n’est pas le prolongateur que tu achètes qui est aérodynamique : c’est la position que tu prends dessus. Il n’est qu’un moyen d’y accéder.
Première idée reçue à casser : la meilleure position n’est ni la plus basse, ni la plus étroite, ni la plus avancée. C’est très individuel. La meilleure position, c’est celle que tu es capable de tenir pendant toute ta course, en étant à la fois performant en watts et confortable, parce qu’il faut encore courir après le vélo.
L’erreur classique, c’est le réglage trop agressif. Au bout de quelques kilomètres, si tu n’es pas à l’aise, tu te relèves et tu perds l’aéro : tu passes donc plus de temps sur le vélo. Une position trop comprimée peut en plus gêner les hanches et la respiration, freiner la production de puissance et compliquer la course à pied. Des prolongateurs mal réglés peuvent même te rendre moins performant que sur un vélo de route classique.
La bonne question n’est donc pas « quels sont les prolongateurs les plus rapides du marché ? », mais « lesquels m’offrent le meilleur compromis entre une position performante et un confort optimal ? ».
Prolongateurs sur vélo de route ou sur vélo de contre-la-montre : ce qui change
Sur un vélo de route : les prolongateurs clip-on
Les prolongateurs « clip-on » se fixent simplement par serrage autour du cintre. C’est la solution la plus accessible : compte environ 50 € pour l’entrée de gamme.
Le seul point à vérifier est le diamètre du cintre. Les adaptateurs sont généralement conçus pour des cintres ronds classiques de 31,8 mm. Avec un cintre plat ou un cockpit intégré, il faut des adaptateurs spécifiques : de plus en plus de marques en proposent. Ils coûtent plus cher, mais on trouve aujourd’hui de quoi régler correctement sa position sur un vélo de route.
Sur un vélo de contre-la-montre : un cockpit conçu pour être réglé
Sur un vélo de contre-la-montre, le cockpit est intégré. Le vélo est normalement livré avec tout le nécessaire : cintre de base, entretoises, repose-bras et extensions, pensés ensemble pour offrir de vrais réglages et une personnalisation selon ta morphologie. Les réglages sont donc bien plus simples que sur un vélo de route. Le cadre est aussi plus court, ce qui permet une position nettement plus confortable.
Les formes de prolongateurs de vélo
Les prolongateurs longs s’installent en général sur les vélos de contre-la-montre, mais aussi sur des vélos de route classiques. Ils ne sont autorisés que sur les épreuves sans drafting. Il en existe trois formes, pour s’adapter aux préférences de chacun :
- Le prolongateur classique, droit : des barres sans courbure, souvent placées à l’horizontale. On le voit de moins en moins, remplacé par des formes plus ergonomiques.
- Les prolongateur relevé (« ski bend ») : une base droite qui remonte sur la dernière partie, pour pouvoir tirer les barres vers soi en roulant. C’est la forme la plus adoptée par les coureurs actuels.
- Les prolongateurs en « S » : d’orientation générale horizontale, avec une courbure qui relève les extrémités pour une meilleure prise en main.
Aucune forme n’est meilleure en soi : ce sont la position de ton épaule et l’angulation de ton poignet qui décident. Essaie plusieurs formes avant d’acheter, notamment pour la prise en main, car tu vas devoir tenir cette position pendant plusieurs heures.
Plus onéreux, mais aussi bien plus performants, on trouve aujourd’hui des marques spécialisées dans les prolongateurs ergonomiques : repose-bras très confortables, extensions en composite épousant parfaitement le bras, prise en main ergonomique. Ce sont les modèles que l’on retrouve sur les vélos des professionnels. Certains investissent même dans des prolongateurs moulés à la forme de leur bras.
Les repose-bras : l’élément le plus négligé
Beaucoup d’athlètes les négligent, et pourtant, ils sont même plus importants que les extensions elles-mêmes. C’est sur les repose-bras que repose le poids du corps porté vers l’avant : ils déterminent ta position bien plus que les extensions.
Ce qu’il faut chercher :
- des repose-bras réglables en largeur, hauteur, angle et avancée ;
- des rebords assez hauts, pour bien relâcher les coudes une fois en position ;
- un modèle assez long, pour soutenir une grande partie de l’avant-bras et mieux répartir le poids du corps sur l’avant du vélo.
Les prolongateurs monobloc : le retour d’expérience du coach
Depuis quelques années, des prolongateurs plus ergonomiques, et plus chers, se sont développés : extensions et repose-bras réunis dans une seule pièce, souvent en carbone. La prise en main est plus ergonomique, les possibilités de réglage sont nombreuses, et on peut parfois choisir la largeur et la longueur. Sur 2, 3 ou 5 heures de vélo, ce gain de confort peut faire une énorme différence.
William, le coach, utilise désormais le cockpit Pro X1 de la marque FastTT sur son vélo de contre-la-montre.
Ce qui le distingue :
- Un cockpit monobloc : deux extensions en carbone reliées par une pièce 3D, qui permet de monter à la fois un support de compteur et un support de bidon entre les bras.
- Trois longueurs et trois largeurs disponibles, pour individualiser la position selon la morphologie.
- Des entretoises et des cales angulaires pour régler l’inclinaison des prolongateurs de 10 à 30 degrés, une large plage qui s’adapte à la mobilité de hanche comme à celle du haut du corps.
Ce qu’il en retire :
- Plus d’aérodynamisme. Réglés à 30 degrés, les prolongateurs lui permettent de rentrer la tête entre les bras. Avec le bidon placé entre les bras, le flux d’air s’écoule sur les côtés de la tête et la zone de turbulence est limitée. Son ancien montage, avec deux prolongateurs distincts, laissait passer l’air entre les deux : le monobloc fait encore mieux sur ce point.
- Plus de stabilité. L’appui sur toute la longueur de l’avant-bras et la prise en main très ergonomique aident à rester en position aéro, même dans des conditions difficiles. En fin de saison, entre un triathlon très venteux et des entraînements avec des rafales à 40, 50 et 60 km/h, William a rarement eu à sortir de la position aéro : il était bien relâché, bien en appui.
Le coût et le gain annoncé. Il faut compter environ 1 400 dollars, auxquels s’ajoutent les pièces de réglage pour le vélo : plaque d’adaptation compatible, entretoises, cales angulaires. La marque annonce jusqu’à 30 watts gagnés en soufflerie par rapport à des extensions avec repose-bras classiques. C’est un chiffre de la marque : William ne l’a pas mesuré sur le terrain. Ce qu’il peut dire, c’est qu’il ne reviendrait pas en arrière.
Selon lui, le gain ne vient pas des prolongateurs en eux-mêmes, mais de la position confortable et performante qu’ils permettent d’atteindre et de maintenir dans le temps, un atout décisif sur L et Ironman, à condition d’avoir déjà bien travaillé sa position.
Ce n’est d’ailleurs pas le haut de gamme : au sommet du marché, on trouve des prolongateurs entièrement sur mesure, moulés à l’avant-bras, à 2 000 ou 3 000 euros.
Le message à retenir : ce n’est pas « achète ce modèle précis », c’est « trouve ta position, travaille-la, puis oriente-toi vers ce type de produit pour gagner en confort et en performance ».
Les autres questions à se poser à propos des prolongateurs
Les matériaux : carbone ou alu ?
Les prolongateurs sont construits dans les matériaux les plus communs du cyclisme : le carbone et l’aluminium. Quels sont les avantages et inconvénients propres à chaque matériau ?
Le carbone est un tissage de fibres qui permet une résistance accrue à la déformation. Dans l’utilisation de prolongateurs, l’athlète tire dessus pour développer plus de puissance : cette rigidité compte. Le carbone a également l’avantage d’être un matériau léger.
L’aluminium est quant à lui plus résistant en cas de chute, mais sera probablement plus lourd qu’une paire de prolongateurs en carbone. Son gros avantage est son prix, ce qui en fait un choix judicieux pour un utilisateur occasionnel.
D’autres modèles en titane et en composites, plus premium, sont aussi sur le marché.
Prolongateur avec ou sans l'intégration des leviers de vitesse ?
Si tu as une transmission mécanique, l’intérêt de posséder un vélo de contre-la-montre spécifique est de pouvoir intégrer les shifters (leviers de vitesse) aux prolongateurs. Cela permet de conserver sa position aérodynamique même lorsqu’on change de vitesse. C’est un gain appréciable pour s’économiser en prévision de la partie course à pied.
Avec les transmissions électroniques, il est désormais possible d’installer des prolongateurs avec shifters sur un vélo de course traditionnel. C’est une solution intéressante pour les triathlètes qui possèdent un vélo pour toutes les utilisations.
Lorsque les prolongateurs sont équipés des commandes de changement de vitesse, le passage des câbles peut être interne ou externe au tube. Cela n’a pas d’importance en termes de performance mécanique : c’est surtout en termes d’esthétique et de traînée aérodynamique que cela joue.
Que ton groupe soit électronique ou mécanique, passer ses vitesses depuis les prolongateurs est un vrai confort. Vérifie simplement que le montage est bien prévu pour cela.
Le cockpit du triathlète sur vélo de contre-la-montre
Les prolongateurs peuvent également faire partie d’un « combo » cintre/aérobarres. Ceci est un choix à faire uniquement pour un vélo destiné au contre-la-montre. Avec ce système, vous gagnerez en aérodynamisme et en rigidité.
Sur votre cintre, vous retrouvez donc vos leviers de freins, comme sur votre vélo de route. Sur les prolongateurs, vous pourrez installer vos shifters mécaniques ou électroniques.
Les 4 critères pour choisir ses prolongateurs
1. Le confort sur la durée : le critère n°1
Ta position peut être aussi belle que celle de Remco Evenepoel : si tu ne la tiens que 20 minutes, elle ne vaut rien sur un L, et encore moins sur un Ironman. Cherche la position que tu peux tenir 2h30, 3h, 4h ou 5h, en sortant tes watts et en pouvant courir correctement derrière.
Les signaux d’alerte d’une position inconfortable :
- douleurs récurrentes au cou
- douleurs aux épaules
- engourdissement des mains
- difficultés à respirer, signe de coudes trop rapprochés et de cage thoracique comprimée
Si ces gênes apparaissent dans la première heure de sortie, ce n’est pas normal : ce n’est pas ta condition physique qu’il faut remettre en cause, mais ta position et ton matériel.
2. L’aérodynamisme
La largeur des appuis et l’angle des extensions modifient la position des bras et des mains, donc ce que ton corps présente à l’air. Mais plus étroit et plus bas ne veut pas dire plus rapide. Trop resserré, tu comprimes la cage thoracique, tu respires moins bien et le vélo devient plus nerveux à piloter. Trop bas, tu fermes davantage l’angle de hanche : produire des watts et courir derrière devient plus difficile.
Le bon réglage est celui qui reste à la fois aérodynamique et confortable sur toute la durée de l’épreuve.
3. La compatibilité avec ton vélo
Avec les vélos récents, de plus en plus sophistiqués (cintres plats, cockpits intégrés), vérifie bien la compatibilité avant d’acheter, ainsi que les éventuelles pièces de réglage à prévoir pour individualiser ta position.
Autre point technique : les commandes de vitesses. Vérifie que le montage des shifters sur les prolongateurs est bien prévu pour ton groupe, électronique ou mécanique.
4. La réglementation
Les prolongateurs ne sont autorisés que sur les courses sans drafting. Mais quelques règles s’appliquent, notamment sur le carénage et sur la capacité maximale de bidons embarqués sur le cockpit. Avec une position très agressive, vérifie aussi, même si c’est rare, que tes prolongateurs ne dépassent pas ta roue avant : la longueur maximale vers l’avant est encadrée par le règlement.
Le prix des prolongateurs
Les prix des prolongateurs de vélo vont de 20 € à plus de 3 000 € pour des guidons complets.
- Pour commencer avec des prolongateurs démontables en aluminium, une cinquantaine d’euros devraient suffire.
- Des prolongateurs d’entrée de gamme en carbone se trouvent à partir d’une centaine d’euros.
- Des modèles ergonomiques et totalement ajustables, avec entretoises et cales angulaires, coûtent à partir de 250 €.
- Pour un cockpit en aluminium, prévois environ 250 €.
- Les prolongateurs monobloc en carbone comme le Pro X1 de FastTT représentent environ 1 400 dollars, auxquels s’ajoutent les pièces de réglage.
- Un cockpit carbone se trouve à partir de 500 € et jusqu’à plus de 3 000 € pour un modèle 100 % sur mesure.
Les conseils techniques d’utilisation
Le pilotage d’un vélo doté de prolongateurs peut parfois être complexe à aborder. Leur utilisation entraîne en effet :
- une position du triathlète vers l’avant, avec une potentielle perte de précision en courbe ;
- une modification des points d’appui sur la selle ;
- des bras qui se resserrent au centre du guidon, ce qui rend l’athlète moins stable ;
- une difficulté d’accès aux freins ;
- une approche différente du pilotage en virage ;
- une anticipation nécessaire dans la gestion des vitesses avant une relance.
Tout cela mis bout à bout rend indispensable de s’entraîner en position avant une compétition. Appréhender ce type de pilotage reste relativement aisé : après quelques sorties, tu devrais maîtriser ton vélo sans trop de difficultés.
Comment régler ses prolongateurs ?
Le réglage de tes prolongateurs est primordial. Si tu ne veux pas souffrir d’une position trop longue ou mal orientée, il faut s’y pencher avec soin : une position vers l’avant mal exécutée peut entraîner une perte considérable de puissance et un vrai inconfort. Voici une méthode en 5 étapes, complétée des repères classiques de réglage.
1. Partir prudent
Commence par une position confortable, assez haute, sans te projeter trop loin vers l’avant. Baisse raisonnablement la hauteur de ton guidon pour conserver un bon contrôle du vélo et du confort : le réglage en hauteur se fait grâce à un système de cales (spacers) empilables. Place-toi légèrement plus en avant sur ta selle, en gardant une inclinaison relativement droite pour ne pas glisser vers l’avant.
Si ce sont tes premiers prolongateurs, laisse-toi d’abord le temps de prendre confiance. Tu pourras ensuite descendre progressivement, voire allonger ta position, à mesure que tu t’y habitues.
2. Vérifier les coudes et l’écartement
Conserve un angle bras/avant-bras autour de 90 degrés, avec des coudes bien alignés avec tes épaules en position aéro. Ne serre pas trop les deux barres, et ne les espace pas trop non plus.
Une position trop projetée vers l’avant risque de te dégoûter, surtout si ta mobilité de hanche et de bassin est insuffisante. Reste conservateur, quitte à avancer tes prolongateurs de 1 à 2 centimètres si tu es vraiment à l’aise.
3. Régler l’angle : 15 à 30 degrés
On considère aujourd’hui que 15 à 30 degrés par rapport à l’horizontale est la plage optimale. Il faut oublier la croyance d’il y a quelques années, qui plaçait les extensions parallèles au sol : cette position n’est pas optimale en aérodynamisme, et elle crispe. À plat, on a tendance à repousser les barres vers le sol, donc la tête et les épaules vers le haut, ce qui crée une grosse zone de turbulence entre les bras. Avec 15, 20, 25 ou 30 degrés, on peut au contraire tirer sur les prolongateurs pour les ramener vers soi, rapprocher épaules et tête, et fermer cette poche d’air.
Attention : cet angle est un point de départ. Il y a de grandes règles, mais celle qui vaut pour ton voisin n’est pas forcément la plus optimale pour toi.
4. Tester sur la durée et surveiller sa respiration
Régler ses prolongateurs sur home trainer et les tester 15 minutes, c’est bien. Tenir la position efficacement pendant 3 ou 4 heures dehors, c’est autre chose. Posé sur les prolongateurs, tu dois pouvoir respirer profondément, regarder devant toi sans te tordre le cou et produire ta puissance efficacement.
Il est normal d’être moins puissant sur les prolongateurs que sur le cintre ou sur un vélo de route. L’écart doit toutefois rester de 5 à 10 %, pas davantage.
5. S’entraîner dans cette position
Beaucoup de triathlètes roulent toute l’année sur leur vélo de route et ne sortent le vélo de contre-la-montre qu’au printemps, deux ou trois fois avant la course. Résultat : le jour J, ils n’arrivent pas à tenir la position.
Il faut donc rouler sur son vélo de CLM une à deux fois par semaine tout l’hiver, ou sur son vélo de route en position aéro. Cela maintient les acquis sur une position contraignante et entretient la mobilité. Au printemps, les progrès réalisés sur les zones de puissance pendant l’hiver se retranscrivent plus facilement dans la position aéro.
Cette position s’entraîne, le corps s’y habitue en quelques semaines, mais se désadapte tout aussi vite.
Ce qu’il faut retenir
Mal réglés, les prolongateurs peuvent nuire à la performance : capacité respiratoire amoindrie, sur-compression des muscles inférieurs. Il faut être à l’aise dessus pour en tirer le plein bénéfice et savoir anticiper sa conduite (trajectoires et vitesses).
En résumé
Choisir ses prolongateurs, c’est avant tout choisir sa position sur le vélo. Trois choses à retenir :
1. La meilleure position n’est pas celle de Remco, ni celle de ton voisin. C’est celle que tu peux tenir pendant toute la durée de ta course.
2. Le choix repose sur plusieurs critères : le confort d’abord, puis l’aérodynamisme, la compatibilité avec ton vélo et la réglementation.
3. Le réglage se fait progressivement. Cette position est contraignante, et surtout, elle s’entraîne.
Les prolongateurs en triathlon : les questions fréquentes
Les prolongateurs, qu'est ce que c'est ?
Les prolongateurs sont un ensemble de composants qui s’installent sur le vélo du triathlète. On y retrouve les deux repose-bras et leur coussin en mousse, fixés sur le cintre, ainsi que les barres, ou « extensions », que l’athlète tient pour manier son vélo.
Pourquoi utiliser des prolongateurs en triathlon ?
Les prolongateurs permettent de gagner en vitesse grâce à une position plus aérodynamique. Attention cependant à bien régler ta position et à t’entraîner à la maintenir : elle est très différente d’une position classique sur vélo de route.
De quelle matière sont les prolongateurs ?
Les prolongateurs pour vélos de triathlon sont généralement fabriqués en aluminium ou en carbone. L’aluminium est un matériau solide et durable, souvent moins coûteux que le carbone, mais il peut être plus lourd et moins aérodynamique. Le carbone, lui, est léger et rigide, très résistant à la flexion et à la torsion : c’est un premier choix pour les prolongateurs de vélos de triathlon.
Le carbone peut en revanche être plus coûteux à produire et à réparer que l’aluminium, et plus fragile en cas de choc ou de collision. On trouve aussi aujourd’hui des marques qui proposent des cockpits en titane ou en composite.
Les prolongateurs sont-ils autorisés sur toutes les courses de triathlon ?
Non. Ils sont autorisés sur les épreuves sans drafting, ce qui est le cas de toutes les longues distances (L, XL, Ironman), et interdits sur les courses où le drafting est autorisé, comme de nombreux XS, S et certains M. Vérifie toujours le règlement de ta course.
Quel angle choisir pour ses prolongateurs ?
15 à 30 degrés par rapport à l’horizontale est aujourd’hui considéré comme la plage optimale, loin de l’ancienne position parallèle au sol. Ce n’est qu’un point de départ : le bon angle dépend de ta morphologie, de ta mobilité et de ta capacité à tenir la position longtemps.
Combien de watts gagne-t-on avec des prolongateurs ?
À vitesse égale, on peut économiser plusieurs dizaines de watts par rapport à une position de route classique, à condition d’avoir une position bien réglée et tenable sur la durée. À titre d’exemple, la marque FastTT annonce jusqu’à 30 watts gagnés en soufflerie avec son cockpit monobloc, par rapport à des extensions avec repose-bras classiques : c’est un chiffre constructeur.
Peut-on monter des prolongateurs sur un vélo de route ?
Oui, avec des prolongateurs « clip-on » fixés par serrage autour du cintre (environ 50 € en entrée de gamme). Vérifie le diamètre du cintre : les adaptateurs sont généralement prévus pour du 31,8 mm. Avec un cintre plat ou un cockpit intégré, il faut des adaptateurs spécifiques, plus chers.
