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Jérémy Quindos : 16 saisons sur le circuit D1 triathlon, et Los Angeles 2028 en ligne de mire

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Ingénieur reconverti en triathlète professionnel, 67 Grands Prix de D1 triathlon au compteur et un projet olympique sous les couleurs de l’Ouzbékistan. À 34 ans, Jérémy Quindos n’a pas fini de courir.

On a eu le plaisir de l’accueillir dans le podcast Opentri pour parler entraînement, gestion de carrière et vie de pro.

Un vétéran du circuit qui prend toujours autant de plaisir

Jérémy Quindos, c’est 34 ans, 16 saisons en D1 triathlon pour 67 Grands Prix disputés. Originaire de Poissy, il représente aujourd’hui l’Ouzbékistan sur la scène internationale tout en continuant à courir en France sous les couleurs des Sables Vendée Triathlon.

Il commence le triathlon à 17 ans, alors que son père lui conseille justement de ne pas s’y mettre. « Je suis content qu’il m’ait dit de ne pas en faire, ça m’a donné envie d’aller à contre-sens. » Ce trait de caractère — aller chercher ce qu’on lui dit d’éviter — dira beaucoup de la suite de sa carrière.

Sur la longévité dans le circuit, Jérémy est lucide et enthousiaste. Si une légère lassitude s’est installée à force de voir les mêmes étapes du Grand Prix revenir (« j’ai dû faire Dunkerque dix à douze années de suite »), le renouvellement des lieux et des visages lui permet de rester motivé : « On n’a jamais vraiment les mêmes personnes d’une saison à l’autre. »

2025 : un bilan honnête

La saison 2025 n’a pas été celle du grand déclic, mais Jérémy en tire des enseignements précieux. Sa première participation en WTCS s’est faite directement en grande finale, format olympique, avec tous les meilleurs du monde. Il y a pris « cher », selon ses propres mots — et il l’assume entièrement : « Je n’avais pas assez fait de blocs d’entraînement. J’avais trop enchaîné les courses. Ce n’était pas la meilleure compétition pour arriver à 90%. »

Il a également couru deux Coupes du Monde, dont une au Japon fin 2024, où une défaillance en course à pied l’a empêché de viser le top 10 qu’il cible désormais systématiquement sur ce type d’épreuves.

Le message qu’il retient : ne pas se focaliser uniquement sur le résultat, mais sur la performance délivrée. Une grande finale avec les meilleurs du monde et une WTCS plus accessible ne se comparent pas sur le même étalon.

Cap sur Los Angeles 2028

Le grand projet de Jérémy, c’est les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, sous les couleurs de l’Ouzbékistan. Un projet concret, avec une feuille de route précise.

Les critères de qualification olympique viennent d’être officialisés. Jérémy est éligible à trois d’entre eux. Le plus accessible pour lui passe par les Jeux Asiatiques, prévus en septembre 2026. S’il finit bien classé, il peut espérer décrocher un dossard olympique pour sa fédération.

Et c’est bien là toute la subtilité : on ne se qualifie pas soi-même pour les JO. On offre un dossard à sa fédération, qui choisit ensuite l’athlète qu’elle estimera le plus performant au moment des Jeux. « Il va falloir rester mobilisé jusqu’aux Jeux. »

Il aborde ce projet avec sérénité : « J’ai 34 ans, j’en aurai 36 en 2028. Je ne pense pas que je vais m’écrouler en termes de niveau sur les deux prochaines années. »

Une semaine d’entraînement à 25h : comment c’est possible ?

L’une des questions que tout triathlète amateur se pose : à quoi ressemble concrètement une semaine d’entraînement au niveau pro ? Jérémy répond sans détours.

En préparation hivernale, il est autour de 25 heures par semaine, avec :

  • 6 séances de natation (~30 km)
  • 4 séances de vélo (~250 km)
  • 6 séances de course à pied (~70 à 80 km)
  • 1 séance de musculation

En reprise, en novembre, il était à 16-20h, avec moins de vélo et de course à pied. La montée en charge a été progressive, et c’est précisément ce qu’il considère comme l’un des secrets de sa longévité.

Depuis ses débuts à 17 ans jusqu’à ses années d’ingénieur, puis sa reconversion en professionnel à 26 ans, Jérémy n’a jamais enchaîné de gros volumes en continu. « Je n’ai pas fait 15 ans à 25h de moyenne. J’ai monté progressivement, il y a eu des descentes liées au Covid, à une blessure osseuse au fémur qui a mis du temps à être diagnostiquée… Et du coup, je ne suis pas usé. »

S’entraîner seul, mais pas isolé

Jérémy vit et s’entraîne à Montpellier, avec un entraîneur basé à Toulouse qui le suit à distance. Il s’entraîne majoritairement seul en vélo et en course à pied — ce qui lui convient très bien. « Je suis un peu un autiste dans mon entraînement. J’aime faire exactement ce qu’on me demande de faire, sans adapter les allures pour rouler avec quelqu’un d’autre. »

Sa natation, en revanche, se fait au sein du groupe du Montpellier Triathlon, encadré par Romain Bresson dont il apprécie beaucoup les séances, orientées spécifiquement vers le triathlon et l’eau libre. Un échange gagnant-gagnant : ses coéquipiers ont un « poisson pilote », lui a un groupe et des séances de qualité.

L’aspect social n’est pas inexistant pour autant. En vélo, il se retrouve régulièrement avec d’autres triathlètes de la région pour les échauffements collectifs. Chacun fait ensuite sa propre séance. « L’émulation, c’est sympa. Mais je ne veux pas changer mes allures pour coller à quelqu’un d’autre. »

Il nuance néanmoins : « Quand ta motivation est un peu réduite, y aller tout seul, c’est vraiment pas cool. Et les semaines où tout roule, je n’ai besoin de ni musique ni podcast — juste la séance. »

Devenir professionnel : une décision mûrement réfléchie

Jérémy a travaillé comme ingénieur avant de passer professionnel à 26 ans, en 2017. C’est son entraîneur de l’époque, au club de Poissy, qui a planté la graine : « Il n’arrêtait pas de me répéter qu’il y avait un potentiel, que si je me mettais sérieusement au triathlon, il y avait moyen de passer un cap. »

La décision s’est concrétisée quand le contexte professionnel ne l’emballait plus. « Je m’ennuyais sur un projet pas très intéressant. Donc, je me suis dit, il y a une opportunité, let’s go. »

La première année en mode pro a immédiatement changé les choses — non pas parce qu’il s’entraînait davantage, mais parce qu’il prenait soin de lui : kiné hebdomadaire, sieste après chaque déjeuner, entraînements sans se dépêcher. « C’est ça qui m’a fait passer un cap. »

Aujourd’hui, il finance sa carrière grâce à son club des Sables Vendée Triathlon qui l’emploie pour les Grands Prix, et complète avec quelques missions en lien avec son diplôme d’ingénieur. « Le triathlon à mon niveau, ça ne paye pas des fortunes. Il faut être vraiment dans les stars pour être à l’aise. J’ai pris le parti de travailler quelques heures par semaine à côté, et ça me donne une bonne balance. »

Le piège de l’ego à l’entraînement

Sur ce sujet, Jérémy est intarissable — et ses mots font mouche. Le grand mal du triathlète amateur, selon lui ? Ne pas respecter les allures prescrites.

« J’ai l’impression, ça fait dix ans que je joue au grand frère avec les gens plus jeunes, et je vois les mêmes erreurs que j’ai pu faire — et que j’ai corrigées. »

Le diagnostic est net : une question d’ego. Les athlètes estiment valoir mieux que les allures calculées lors de leurs tests. Ils font les séances trop vite, ou trop longtemps. Résultat : ils accumulent de la fatigue, ne progressent pas, changent de coach en pensant que le plan est mauvais, alors que c’est eux qui ne l’ont pas respecté.

Sa formule est remarquable : « Un test, c’est juste une image à un instant T. Ce n’est pas ton potentiel. Ça dit simplement où tu en es aujourd’hui. En plusieurs cycles d’entraînement, tu progresseras. Mais aujourd’hui, c’est ce que tu vaux. »

La bonne prépa selon Jérémy : « C’est aucune séance dont tu es fier d’afficher sur les réseaux, mais un sacré collier de séances. Si chaque séance est une perle, elles constituent un sacré collier — mais aucune ne va impressionner tes adversaires prise individuellement. »

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A propos de l'auteur(e)
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William
Jeune triathlète issu de la course à pied, ma rencontre avec le triple effort a changé ma vie. D'un simple loisir à une véritable passion, le triathlon rythme désormais mon quotidien ! Entrainement, récupération, matériel... retrouvez l'ensemble de mes articles sur opentri.fr

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