Après des années d’innovations technologiques, le marché des roues de vélo arrive désormais à maturité avec un très large choix. 30 mm, 45 mm, 60 mm ? Alu ou carbone ? Tubeless, tubetybe ou boyaux ? Tant de questions qui se posent au moment de se doter d’une nouvelle paire de roues pour le triathlon !
Dans ce guide, on va vous aider à orienter votre choix vers LA paire qui convient le mieux à votre utilisation.
1 - Choisir la hauteur des jantes
En triathlon particulièrement, la mode est à la hauteur ! Que ce soit pour le style ou pour l’aérodynamisme, ces modèles présentent de nombreux points forts. C’est d’ailleurs une réalité à l’heure où tous les triathlètes professionnels utilisent une roue lenticulaire et une roue avant à profil haut (60 à 80 mm), et même sur l’Embrunman.
Une seule exception : dans des conditions venteuses, une roue avant avec un profil moins haut (30 à 45 mm) permettra d’assurer un pilotage plus facile. Mais pour les triathlètes amateurs, est-ce réellement raisonnable de s’orienter vers une paire de roues à jante haute ?
Une jante haute permet à la roue d’avoir de l’inertie, ainsi plus le flanc est haut, plus une vitesse importante pourra être maintenue facilement ! Mais attention, l’inertie fonctionne dans les deux sens. Une roue trop haute aura donc un effet de poids mort dans les montées. Les triathlètes professionnels ont des qualités physiques qui leur permettent de ne pas subir ce poids. Mais qu’en est-il pour vous ?
Pour choisir une hauteur de flanc convenable, il est donc important de prendre en compte le terrain sur lequel on pratique le vélo, ses qualités naturelles de puissance ainsi que les sensations de confort recherchées.
Des jantes hautes pour la vitesse (de 50 mm à la roue lenticulaire)
Si vous recherchez une roue alliant rigidité, aérodynamisme et inertie pour aller vite sur des terrains relativement plats et peu techniques, privilégiez les roues hautes. Ce type de roue se montrera particulièrement agréable et vous permettra d’affoler les compteurs.
Si vous recherchez une paire de roues pour la compétition, ce choix sera presque toujours le plus performant. En effet, même sur un terrain vallonné, le gain aérodynamique et de vitesse sur les parties plates et descendantes sera toujours supérieur aux secondes perdues dans les parties montantes.
Des jantes basses pour les changements de braquet (jusqu'à 30 mm)
Si vous roulez sur des terrains escarpés ou montagneux, avec de nombreuses relances, les roues à profil bas sont faites pour vous ! Dans les murs avoisinants les 20 %, vous aurez l’impression de voler en comparaison à des jantes plus hautes.
De plus, le confort sera meilleur, car les rayons plus grands conféreront une souplesse verticale à la jante. Si vous souhaitez préserver vos cuisses, favorisez ce type de roue pour des triathlons au dénivelé important ou sur des circuits techniques aux multiples relances.
Une solution passe-partout (de 35 à 45 mm)
Si vous cherchez une paire de roues à utiliser en toutes circonstances, une hauteur de jantes moyenne de 35 à 45 mm peut s’avérer être un choix judicieux. Avec une polyvalence à toute épreuve, vous pourrez bénéficier à la fois des qualités de confort, de rigidité et une inertie qui ne devrait vous pénaliser que rarement.
2 - De l'alu ou du carbone ? Quel matériau pour mes jantes ?
Aujourd’hui, quand on recherche la performance, c’est presque toujours vers le carbone que l’on se tourne. En effet, il se montre souvent plus rigide et plus léger que l’aluminium. Mais le carbone à un prix ! Alors est-ce toujours un choix judicieux ?
Le carbone pour la performance
Les roues en carbone apporteront à votre vélo de la rigidité et de la vivacité. Pour le triathlète qui veut améliorer ses performances, il s’agit donc d’une option intéressante. Mais attention, car cela se fait souvent au détriment du confort. Le carbone absorbera moins les aspérités de la route qu’une paire de roues en aluminium.
Également, le carbone est un matériau potentiellement plus fragile lorsque vous roulez sur des routes abîmées ou si vous chutez. Votre paire de roues devra donc être entretenu avec grand soin.
Des roues aluminium pour le confort
Aujourd’hui encore, l’aluminium est le matériau de base de nombreuses roues allant de l’entrée de gamme à la moyenne gamme. Si vous achetez un vélo neuf, il sera très souvent vendu avec une paire de roues en aluminium. Ce type de matériau rend les roues plus souples et confortables tout en ayant une durée de vie importante.
Pour l’entrainement, c’est donc un choix particulièrement intéressant, car il permet d’encaisser un grand nombre de kilomètres avec un confort accru. Également, le prix est un avantage puisqu’il permettra au triathlète débutant (ou soucieux de ses dépenses) de ne pas trop dépenser dans une paire de roues.
Mais attention, une roue en aluminium ne veut pas dire qu’elle n’est pas performante. Certains modèles sont meilleurs sur de nombreux points qu’une paire en carbone de qualité moindre.
La bande de freinage pour les adeptes du patin
Avec l’outrageuse domination du frein à disque depuis quelques années, la problématique du freinage se fait peu à peu oublier. En effet, pour les adeptes des roues à patins, la volonté qu’ont certains d’avoir des roues carbones est parfois stoppée du fait de la problématique des patins de freins. Une bande de freinage en carbone nécessite des patins spécifiques, et il en est de même pour les bandes de freinages aluminium.
Pour des questions de durabilité et d’efficacité de freinage, de nombreux triathlètes n’ont jamais franchi le pas des roues en carbone. Aujourd’hui, cette question se pose moins, car le freinage est effectué sur le disque et non directement sur la roue.
3 - Tubeless ? Tubetype ? Boyaux ? Le choix du pneumatique
Alors que les boyaux disparaissent peu à peu des pelotons et des aires de transition, le débat se porte maintenant entre le tubeless et les chambres à air. Performance, durabilité, maintenance… on fait le point.
Boyaux ou pneus, avantages et inconvénients
Les roues à boyaux offrent une excellente qualité de roulement et un rendement optimal. Par rapport aux pneus, le poids se voit aussi être diminué grâce à l’utilisation de moins de matière. En revanche, l’entretien est plus fastidieux et il y a une difficulté supplémentaire pour réparer lors d’une crevaison pendant une sortie. Ce sont des roues destinées à la compétition sans aucun doute… mais faudrait-il encore être certain de ne pas crever le jour J.
Aujourd’hui, les pneus sont donc largement utilisés, car ils apportent cette facilité d’entretien malgré un poids plus important. Sur les pneus de compétition tels que les Continental GP5000, associés à une chambre à air en latex ou en tubeless, la qualité de roulage est aujourd’hui proche de celle d’un boyau. À l’entrainement ou en compétition, pour avoir le meilleur compromis résistance/efficacité, le choix du pneu fait aujourd’hui l’unanimité.
Tubeless ou chambre à air, comment choisir ?
Aujourd’hui, une très large majorité de jantes sont Tubeless Ready, c’est-à-dire qu’elles sont compatibles avec un montage tubeless. Le pneu tubeless est totalement hermétique et permet donc de ne plus utiliser de chambres à air, diminuant les risques de crevaison grâce au liquide préventif circulant entre le pneu et le fond de jante. Vous gagnez donc en poids, en qualité de roulage et en confort grâce à une pression moins importante.
La chambre à air vous permettra une facilité d’entretien certaine. Votre pneu sera en effet plus facile à monter qu’un pneu tubeless souvent difficile à « claquer ». En cas de crevaison, le tubeless l’emporte bien souvent, car le liquide préventif viendra combler les petites perforations du pneu et vous permettront de continuer votre sortie sans encombre. Cependant, si le trou est trop important et que le liquide ne peut pas le colmater, il vous faudra une chambre à air et une mini-pompe pour dépanner.
En termes de performance, un pneu monté tubeless avec la juste quantité de liquide préventif et à la bonne pression sera aussi efficace qu’une chambre à air en latex. Le tubeless vous permettra peut-être de limiter un peu plus le risque de crevaison. Il en convient donc de revenir aux préférences de chacun.
4 - Les différentes gammes de prix
L'entrée de gamme (de 100 à 300€)
Elles sont destinées à faire ses premières armes sur le vélo ou à l’entraînement. Des références en la matière sont la Mavic Aksium ou la Fulcrum Racing 6 DB.
La gamme intermédiaire (de 300 à 800€)
Par rapport à l’entrée de gamme, elles offrent des performances plus intéressantes et séduiront un grand nombre de pratiquants. Cette gamme de roue s’adaptera bien à une pratique en compétition pour le triathlète moyen, désireux d’offrir à son vélo une meilleure réactivité sans se ruiner.
Des modèles de références sont les Mavic Ksyrium SL, les Campagnolo Zonda ou les Vision Trimax.
Les roues de gamme supérieure (de 800 à 1300€)
Elles sont largement orientées pour la compétition avec l’utilisation des technologies récentes, mais moins poussées que sur des roues haut de gamme. Elles sauront satisfaire des compétiteurs acharnés n’ayant pas un budget multipliable. On trouve dans cette gamme de prix les premières roues en carbone.
On vous conseille les Mavic Cosmic SL, les Shimano Ultegra ou encore les Campagnolo Shamal.
Les roues haut de gamme (de 1300 à 3000€)
Elles sont destinées à un usage compétitif intensif et sauront vous apporter toutes les qualités de dynamisme, de rigidité et de légèreté demandée à une paire de roues de cette trempe. Elles contiennent les technologies les plus avancées et sont composées des matériaux les plus nobles.
Des références haut de gamme sont les Campagnolo Bora, les DT Swiss ARC 1100 ou Mavic Cosmic SLR que nous avons testés ici.
Les roues de prestige (+ de 3000€)
Elles sont à la portée de peu de bourses, mais brillent souvent par leur qualité et leurs performances. Une grande référence est la paire de roue Mavic Cosmic Ultimate 45, accessible pour quelques 4500€.
En bref, comment choisir sa paire de roues de triathlon ?
Avant d’acheter une paire de roues, les points essentiels à regarder sont donc :
- L’utilisation que l’on va en avoir : compétition à bon niveau, triathlon découverte…
- Les caractéristiques recherchées : confort, relance, rigidité, poids plume…
- Le terrain sur lequel on va utiliser ses roues : triathlon montagneux, triathlon long et plat…
- La gamme de prix
Plus accessoirement, on regarde aussi le style… qui a quand même son importance !


