[Récit] Margaux vous raconte son premier 70.3

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IRONMAN, ce mot qui fait vibrer tous les triathlètes ! Bien souvent, la longue distance est vue comme inatteignable, réservée aux experts de la discipline. Et pourtant le slogan d’IRONMAN est bien “Anything is Possible”. Après 15 ans à arpenter les bassins, j’ai décidé de commencer le triathlon il y a deux ans. Débutante dans la discipline certes, mais avec de beaux objectifs et notamment l’half IRONMAN. Alors comment, sans viser la performance du chrono j’ai pu réaliser cette “performance” de distance malgré mon niveau de débutante ? Je vous raconte tout ici 🙂

Et si un IRONMAN 70.3 était aussi atteignable pour les débutants ?

Pour cette deuxième saison de triathlon, je souhaitais me challenger, non pas sur un temps mais bien sur une distance. Ce genre de distance mythique… vous voyez ? Et oui, malgré mon niveau de mouette j’ai eu cette folle envie de m’inscrire à la première édition du 70.3 des Sables d’Olonne ! Mais avant de s’inscrire, il a fallu se poser les bonnes questions afin de se préparer mentalement à ces mois d’entraînements, à ces sacrifices et à cette organisation rigoureuse entre travail et entraînements qu’il fallait trouver.

Quelles questions je me suis posées avant de m’inscrire ? 

1. “En suis-je capable” ?

Et oui, la fameuse question ! J’y ai d’abord réfléchie seule, car c’est mon objectif avant tout. Je me suis dis qu’avec un entraînement de fer, une motivation sans faille, je pourrais le faire ! Non pas parce que j’ai le physique adéquate, mais parce que le mental joue beaucoup. Certains de mes proches étaient réticents : “Margaux tu as peur à vélo, c’est 90 bornes que tu auras à faire”, “et encore, tu auras un semi à taper après”, “faut que ce soit une bonne expérience et pas un traumatisme, continue plutôt sur les M.” Mouai… ces inquiétudes avaient un bon fond. Mais, ce 70.3 trottait en moi, et têtue je le voulais !

2. “Où sont mes axes de travail?”

Natation, c’est ok !

Vélo : il va falloir enlever cette peur, mes mains des freins, apprendre à rouler au dessus de 23 de moyenne (on ne se moque pas dis donc!). Oui, mais si j’ai plus peur, j’irai plus vite n’est-ce-pas ?

Course à pied : il va falloir se préparer pour un premier semi-marathon et savoir enchaîner. Voilà, le bilan est posé !

3.”Un 70.3 oui, mais quels sacrifices?”

On oublie les soirées étudiantes, et bonjour la PPG le soir. Et pendant le stage ? il faudra s’organiser pour répondre aux exigences du travail tout en s’entraînant. La marmotte que je suis va devoir renoncer aux grasses matinées. Et oui, bonjour les réveils à 7h le dimanche pour passer de nombreuses heures sur la selle !

4. “En ai-je les moyens?”

Le dossard n’est pas donné, je ne parle pas du matériel vélo, des accessoires et autre… mais bon, il vaut mieux investir dans le sport que dans notre complémentaire santé ? 😉

Après m’être posée toutes ces questions, en étant lucide sur les sacrifices, c’est parti je m’inscris ! Et là, le mail “Félicitations, vous êtes inscrite à la première édition du 70.3 des Sables”. Une sensation de stress et d’excitation m’envahie. C’est parti !

Je commence quand à m’entraîner ?

Qu’on soit clair, j’ai du boulot avant de la franchir cette finish line ! Mais doucement, étape par étape. Comme tout triathlon, un 70.3 suit une trame de préparation.

D’octobre à décembre : la Préparation Physique Générale

Avant toute chose, le corps doit se préparer à un tel effort, éviter les blessures pour avoir un entraînement optimal. Pendant ces 3 mois de PPG, le volume d’entraînement est moindre pour le triathlon.

Natation : Retrouver des sensations, bosser les éducatifs, améliorer sa respiration et son hypoxie. Un vrai poisson dans l’eau.

Vélo : Bon, les sorties se font rares car j’ai toujours peur. A tel point que j’ai des crampes aux mains après 40km tellement je tiens fort le guidon. Je fais du home-trainer pour travailler l’intensité. Et j’entends toujours : “Margaux, il va falloir borner”. Psssst, si je vous dis que j’ai une famille de cycliste, c’est le comble…

Course : Un test VMA pour poser les bases, puis c’est du fractionné et footing !

PPG : Pour cette partie, j’ai décidé de faire du CrossFit. Le but n’était pas de soulever de grosses barres, ni de savoir marcher sur les mains ! Mais bien d’avoir une séance à haute intensité pendant 1h mélangeant divers mouvements afin de me renforcer. Vous voyez un Flamby ? Oui ? Ok donc vous voyez mes jambes. Gagner en force était indispensable pour avaler les km.

Après ces 3 mois de PPG, il est temps d’attaquer ! Et oui, l’IRONMAN arrive à grands pas. Pour ma part, j’ai choisi d’avoir un coach à distance qui me faisait une programmation adaptée en fonction de mon niveau, mes disponibilités.

De janvier à mai : la préparation spécifique

Ca y est ! Le corps est renforcé, il est temps d’attaquer les entraînements pour le 70.3. Pour cela, j’ai choisi de faire appel à un coach. Pour de multiples raisons, je voulais bien m’entraîner seule mais pas sans programme adapté ! Dans ce plan, il y avait bien sûr des courses préparatoires dont un semi-marathon (mon premier) et un triathlon M !

Natation

La natation reste mon point fort, mon coach me mettait donc seulement deux séances par semaine afin de gagner du temps et de l’énergie pour les autres disciplines. Je m’entraînais principalement en bassin, puis il y eut quelques sorties dans la baie des Sables d’Olonne, histoire de ressentir cette bonne sensation du néoprène !

Vélo

Alors, par où commencer ?! Mise au point sur mon niveau : j’ai peur dans les descentes. Autant vous dire que quand je faisais 40 km, j’en avais ma dose pour 3 semaines. Sauf qu’il paraît qu’un 70.3, c’est 90 km ? Pour pallier à cet aspect psychologique, j’ai décidé de réaliser le stage proposé par mon coach.

Je sentais que ça allait me débloquer à vélo (vu le programme en même temps…). Les autres stagiaires étaient tous cyclistes de base, je me suis retrouvée parmi ces pros de la grimpette qui avaient pour certains fait Embrun ou Nice, de quoi me faire rêver ! Autant vous dire que je me suis dis à ce moment-là : “Margaux, pendant les entraînements vélo, tu bougonnes pas et tu pééééédales!”. J’avais peur d’être leur boulet, toujours à la traîne. Vu leurs allures, je n’ai pas suivie. Mais j’ai appris. Ils m’ont aidé et soutenu, j’ai pu tenir à 25km/h de moyenne et c’était déjà une grande victoire. “Pour le vélo, il faut juste borner !” Ah ouai ? Grâce aux cyclistes du stage j’ai appris à (ne vous moquez pas!) bien tourner les jambes, être véloce, appréhender une descente selon son axe ou encore relancer. Suite à ce stage, je décide (attention, je ne l’aurais jamais cru) de m’inscrire dans UN CLUB DE VÉLO ! Oui oui… rouler en groupe nous permet d’apprendre beaucoup !

Ca y est, j’aime enfin la bicyclette ! On passe à deux entraînements par semaine solo, plus courts, plus intenses et le grand classique du dimanche matin : la sortie longue avec le club. (Vous vous souvenez quand je parlais sacrifice ? Vous oubliez les soirées arrosées ou alors vous subissez pendant 4h. Perso mon choix était vite vu !)

Course à pied

Là, rien de fameux non plus ! On part sur une base de trois voire quatre entraînements par semaine avant le semi-marathon. Au programme : du fractionné et des sorties longues ! Un semi-marathon de préparation est prévu 3 mois avant mon échéance. N’en ayant jamais fait, il fallait que je sache à quelle sauce j’allais être mangée. Et la grosse claque ! Le temps estimé est loooooin du temps réalisé. Vient le moment de doute, moi qui ne suis pas runneuse mais qui m’était entraînée pour. “Je vais le faire en rampant le semi de l’IRONMAN à ce rythme”, “Pourquoi tout ça pour ce résultat ? ” A tel point que j’ai un peu boudé la course à pied… préférant même passer du temps sur mon vélo (oui, vous avez bien lu).

Et là arrive le jour fatidique du 16 juin.

16 juin : le jour de la course

Le vélo est posé dans le parc, mes sacs de transition aussi depuis la veille. Ca y est, la course arrive ! 2800 triathlètes d’inscrits, dont 14% de femmes (là, quand tu vois les femmes aux mollets affutés tu te dis “bordel”). Nous avons eu le briefing la veille, de toute façon je serai jamais première donc je me laisserai guider !

Natation

Une ambiance de folie sur la plage ! Je me mets dans mon sas 36 minutes, et là, j’aperçois Marine Lelleu juste à côté de moi. “Margaux, t’es sûre que tu es dans le bon sas?” ai-je pensé en voyant la finisher de l’Enduroman à mes côtés. J’attends le départ, qui s’effectue en rolling-start. TUT ! Allez, les copains et la famille est présente sur la plage en haie d’honneur, c’est parti pour 1,9 km de nage. Le poisson est dans son élément, je pose ma nage, personne ne me brusque. On entend même les spectateurs nous encourager, je me dis “cocotte, c’est parti, prend du plaisir c’est quand même dingue ce que tu fais!”

Vélo

Sortie de la natation, casque et jugulaire attachée, c’est parti pour 92 km. “Allez, tu as fais 2 recos, tu sais comment sont les descentes, go!” Et là, énorme prise de plaisir, les villages sont en fête, on se croirait sur le Tour de France. Les spectateurs nous encouragent, et entre “concurrentes” on se soutient ! Les kilomètres défilent et j’ai la surprise d’entendre un arbitre sur une moto : “Madame vous draftez” Euh ? Je drafte alors que j’ai peur d’être dans les roues ?! Ok, pas le choix, j’accepte ma pénalité et aurais 5 minutes à faire dans la penalty tent. Je continue de rouler, un peu bougonne de ma pénalité car je m’en serais bien passée !

Course à pied

Le vélo est posé, mes 5 minutes de péna sont faîtes, j’attrape casquette, lunettes, running et c’est parti ! “Margaux, tu vas souffrir, t’es entraînée pour, sors le mental, c’est maintenant!”. Je sors du parc et des amis sont là. Quel bien fou d’avoir ses proches ! Je sais que 21,1 km m’attendent, je suis lucide sur mon niveau, mais une règle : ne jamais marcher, courir lentement mais ne pas marcher ! Après les 300m effectués dans le sable (oui, vous comprenez faut bien ajouter de la difficulté), j’arrive sur le remblai avec son ambiance de folie ! Ca part pour 3 boucles : “Margaux, dans 3 boucles tu es finisher”. Il fait chaud, je me ravitaille à chaque fois, et ça repart. Les amis et la famille sont présents et même des inconnus encouragent : “C’est incroyable jeune fille ce que vous faîtes” Merci Madame, je suis fort lente mais merci ! Allez, plus que deux boucles ! Une femme commence à cramper, Jane, une anglaise, je l’aide, elle me dit de repartir “How, you’re cute, no worries, everything’s ok”. Je repars, pour effectuer cette dernière boucle ! Les encouragements fusent, j’entends mes amis annoncés par le speaker ! Je croise des copains du stage, remercie les bénévoles sur le dernier ravito. C’est la dernière ligne droite ! Les athlètes ayant déjà terminé sont présents pour nous encourager, américains, espagnols prononcent leurs encouragements ! 1 km et je suis finisher ! Alors là, rien ne sert d’accélérer (je ne vise pas un slot, si vous n’aviez pas compris) mais autant savourer. Regarder ces inconnus aux mots gentils, le regard de ta famille et de tes amis fiers, et la première foulée sur le tapis IRONMAN. Les larmes montent, la fierté m’envahit ! Ca y est, je suis IRONMAN 70.3 !

Le mot de la fin

“Anything is possible”, rien ne pouvait mieux définir le triathlon. Nous en sommes tous capables. Le plus difficile, et ce surtout à moindre niveau est d’y croire : oser s’inscrire, oser s’entraîner et oser prendre le départ. Ne sous-estimez ni la course, ni les entraînements ni les sacrifices qu’elle impose si vous voulez prendre du plaisir ! Et même les peurs sont surmontables…

J’aurais dû : 

Grâce à mon coach, j’étais bien entraînée et préparée. Mais avec du recul, j’aurais sûrement du faire plus d’enchaînements vélo/CàP. Car même si les jambes étaient lourdes – je m’y attendais -, avoir fait davantage de transitions m’auraient peut-être permis d’accélérer pendant le semi lors de l’IRONMAN.

Et aussi, commencer le vélo un peu plus tôt. Mais ça vous vous en doutez !

Petits conseils

Vous l’aurez compris, je suis novice dans la discipline. Si un half vous tente, prenez du recul avant de vous inscrire. C’est une magnifique expérience, mais pour bien la vivre soyez conscient des sacrifices qu’elle impose. Même si vous ne courrez pas pour un slot, vous engloutirez quand même 1900m de natation, 90km de vélo et 21,1km de run ! L’équilibre entre sport, vie professionnelle et personnelle reste le plus difficile à trouver. Beaucoup de personnes voudront vous aider, vous conseiller et l’on peut vite s’y perdre ! C’est pour cela qu’un coach est une superbe option. 😉

Et la suite ?

Clairement je suis en IRONMAN blues. Vous voyez le baby blues ? C’est pareil avec l’IRONMAN! Si je vous dis que les sorties longues du dimanche matin et ses réveils à 7h pendant ma coupure m’ont manqué vous me croyez ? Je me sens un peu désorientée et sans objectif. Alors non, la saison n’est pas terminée ! Des tri S, M, des aquathlons et swimrun viendront la finir. Mais le gros challenge de la saison est derrière 😒 Je vais donc réfléchir aux courses pour la saison 2020.

Je vous vois venir, le full IRONMAN ? J’en rêve mais je n’en suis pas capable pour le moment et j’en ai pas envie. Déjà que pour monter 3 marches après le 70.3, j’étais en crabe malgré la motivation à manger une pizza alors j’ose imaginer après un full !

“Tout vient à point à qui sait attendre” parait-il ! 😉

Je vous souhaite à tous/toutes de vivre cette magnifique expérience qui a été, pour moi, plus que fabuleuse.


Crédit photo de couverture : IRONMAN®

Rédigé par
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