Pourquoi est-il indispensable d’avoir plusieurs modĂšles de chaussures pour courir ?

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Depuis longtemps, les équipementiers nous proposent moult chaussures adaptées à différentes conditions. Mais idéalement, faut-il disposer de plusieurs de paires de chaussures pour le triathlon ?

Un peu d’histoire


Dans les annĂ©es 80, nous avions les chaussures d’entraĂźnements, bien lourdes mais amortissantes, et les chaussures de compĂ©tition Ă  fine semelle pour voler lors de nos courses dominicales.

Dans les annĂ©es 90 sont apparues les chaussures Ă  technicitĂ©, avec de l’air (Nike et ses Pegasus avaient quelques annĂ©es), du gel (Asics) voire des renforts (Adidas Xtorsion). Les chaussures de compĂ©tition Ă©taient, elles, toujours aussi fines et lĂ©gĂšres.

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Dans les annĂ©es 2000, le marchĂ© du trail se dĂ©veloppant, ce sont les chaussures typĂ©es pour ce genre d’effort qui sont apparues. Souvent bien lourdes et enveloppantes, arguant du fait que les chocs sont plus importants. Salomon notamment fait son apparition sur le marchĂ©.
Notre chaussure de compétition est toujours là, toujours aussi fine et légÚre. Il en existe aussi pour le trail, mais moins mis en avant.

Depuis 2010, c’est la chaussure minimaliste qui fait sa percĂ©e, lĂ  oĂč la technicitĂ© se rĂ©sume en une protection du pied sans autre adjonction de matĂ©riaux. La largeur du pied (toe box) est quand mĂȘme revue Ă  la hausse du fait d’une foulĂ©e mĂ©dio-pied (et non talon, comme avec des chaussures maximalistes) et il n’est plus nĂ©cessaire d’avoir 1 ou 2 pointures de plus pour ĂȘtre bien dans sa chaussure.

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Et la chaussure de compĂ©tition ? Et bien… C’est presque une minimaliste qui s’ignore depuis plus de 30 ans, elle continue d’exister. D’ailleurs, vous vous rappelez que New Balance a toujours fait ses chaussures en plusieurs largeurs ? En version large, au siĂšcle dernier, la chaussure de compĂ©tition de New Balance ressemblait furieusement Ă  des minimalistes.

Et le triathlon dans tout cela ?

Il a aussi amenĂ© ses spĂ©cificitĂ©s. Qui n’a jamais vu ces chaussures, les Scott Pro T2, ou le talon est en 3 parties, reliĂ© par un lacet, permettant de glisser son pied talon ouvert puis de rabattre celui ci avant de serrer les lacets ?

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Crédits : Emilie Wren

C’est justement avec les lacets que le triathlon a amenĂ© techniquement le plus de rĂ©volution dans les chaussures (en plus du flashy dans les couleurs, mais c’est un autre sujet !) Tout d’abord avec les serre-lacets, que j’ai utilisĂ© Ă  Embrun en 1995 et dont j’ai rapidement vu les dĂ©fauts en me faisant un croche pied avec dans la fameuse ligne droite d’arrivĂ©e emmenant mes gamins par terre. Puis les Ă©lastiques et enfin les boas…

Les Ă©lastiques, comme ceux d’Xtenex, ont permis justement d’oublier ces chaussures Ă  talon ouvert permettant des transitions ultra-rapides sans sophistication de la chaussure. On peut courir en triathlon avec des chaussures de CAP de base sans ĂȘtre pĂ©nalisĂ©.

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Le boa, venant du vĂ©lo et du trail, a augmentĂ© la technicitĂ© de la chaussure. Il enroule un fil acier (cĂąble ou lacet) autour du pied, coulissant sur des guides sur mesure autour d’une molette (disque). Il est plus prĂ©cis que l’Ă©lastique mais moins rapide.

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Ceci Ă©tabli, revenons Ă  notre question de base


Faut-il des paires de chaussures différentes pour les entraßnements et la course ?

En voyant les Ă©quipementiers s’essouffler Ă  nous sortir autant de chaussures techniquement diffĂ©rentes, nous serions tentĂ© de rĂ©pondre basiquement par l’affirmative.
Nous serons d’accord mais pas pour les mĂȘmes raisons que mettent en avant ces techniciens de la course.

Bien Ă©videmment, chaque discipline peut se targuer d’avoir SA chaussure dĂ©diĂ©e Ă  sa pratique et donc de bien diffĂ©rencier les entrainements et la course. On pourrait d’ailleurs en dĂ©battre de l’utilitĂ© en fonction du niveau et de ses objectifs, nous verrons cela une autre fois.

Avoir plusieurs modĂšles de chaussures, avant tout pour Ă©viter les blessures

Mais alors si techniquement nous ne faisons pas de diffĂ©rences, pourquoi changer en course et Ă  l’entrainement ?
A cause des risques de blessures qu’engendre l’utilisation d’un seul modĂšle de chaussures. Remarquez bien que j’Ă©cris modĂšle et non chaussure car vous pouvez avoir plusieurs paires d’un mĂȘme modĂšle par peur d’usure de celles-ci, le risque de blessure est toujours prĂ©sent.

Quel risque de blessure ?

Tout modĂšle de chaussure a ses typicitĂ©s, ses qualitĂ©s et ses dĂ©fauts, toute mĂ©daille ayant son revers. Du coup, supposons trĂšs schĂ©matiquement que le modĂšle que vous utilisez ne protĂšge pas contre votre tendance Ă  avoir des chondropathie rotulienne, cette fameuse tendinite qui vous chatouille le cĂŽtĂ© du genou rĂ©guliĂšrement et dont vous n’arrivez pas Ă  vous dĂ©barrasser. Si vous courez en permanence avec elle, un jour, si vous ĂȘtes sensible Ă  cette pathologie, vous n’y Ă©chapperez pas. C’est un vieux dĂ©bat, que je traitais dĂ©jĂ  dans un article il y a plus de 20 ans chez les “Zanimoss”, communautĂ© primaire de coureurs Ă  pieds.

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C’Ă©tait quand mĂȘme sympa les 80’s Ă  Hawaii… CrĂ©dits Richcruse.com

En effet, la religion Ă©tait de s’en tenir Ă  un modĂšle qui “allait” bien et souvent j’entendais qu’avec la nouvelle chaussure la tendinite disparaitrait. Mais les athlĂštes oubliaient qu’avant l’achat, la blessure les avaient contraint Ă  l’arrĂȘt, faisant disparaĂźtre la pathologie.

De plus, vous savez que le corps s’adapte en permanence aux Ă©vĂšnements qui lui arrive pour maintenir son Ă©quilibre, nous parlons d’homĂ©ostasie(*). Donc si vous avez plusieurs modĂšles de chaussures aux caractĂ©ristiques bien diffĂ©rentes, votre corps s’adaptera en permanence et Ă©vitera les blessures dites “d’habitude” mĂȘme si vous courrez toujours au mĂȘme endroit.

De ce fait, il devient Ă©vident d’avoir plusieurs modĂšles de chaussures Ă  sa disposition pour les entraĂźnements. Mais alors pour la course ?

Des chaussures spécifiques pour la compétition ?

Notre chaussure de compĂ©tition, toujours aussi fine et lĂ©gĂšre, a survĂ©cu aux diffĂ©rentes rĂ©volutions techniques des Ă©quipementiers. Pourquoi ? Parce qu’une frĂ©quence de foulĂ©e Ă  plus de 180 FPM (FoulĂ©es Par Minute) n’a pas besoin d’amorti car Ă  ce rythme c’est une foulĂ©e mĂ©dio-pied et non talon. Les meilleurs (et vous pouvez le compter sur les compĂ©titions de triathlon) sont presque toujours au-dessus de 180Fpm.

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Vous pouvez donc prendre une chaussure de compétition, fine et légÚre, si vous courez à plus de 170/180 Fpm.
Si vous ĂȘtes en dessous, oubliez ces chaussures et prenez un modĂšle d’entraĂźnement bien amortissant pour votre foulĂ©e talon.

Nous y reviendrons une autre fois…

L’Papy
“Il n’y a qu’une vĂ©ritĂ©, mais chacun la sienne”


(*)HomĂ©ostasie : Processus de rĂ©gulation par lequel l’organisme maintient les diffĂ©rentes constantes du milieu intĂ©rieur (ensemble des liquides de l’organisme) entre les limites des valeurs normales. CaractĂ©ristique d’un Ă©cosystĂšme qui rĂ©siste aux changements (perturbations) et conserve un Ă©tat d’Ă©quilibre.

Crédits Photos : World Triathlon

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